
Créer sa (petite) boîte n'effraierait-il plus ? La perspective séduit de plus de plus en tout cas à en croire les chiffres. Au cours des six derniers mois, ce sont plus de 150 000 personnes qui se sont lancées dans l'aventure. De quoi affoler les prévisions qui tablaient raisonnablement sur 200000 à la fin 2009 ! Vente sur Internet, conseil, cours du soir, artisanat... ces jeunes créateurs d'entreprises viennent se frotter à la concurrence avec, dans leur jeu, un atout de taille : le statut d'auto-entrepreneur. Simple, fiscalement allégé, réduisant les risques au minimum, le tout nouveau régime lancé en janvier dernier cumule les avantages. Et rapporte! Tout le monde, à quelques exceptions près, peut profiter de cette opportunité et trouver le succès à la clef. Mais gare à ne pas foncer tête baissée !
Bénéfices
C'est en soi une petite révolution : pas d'inscription au registre du commerce et des sociétés, pas d'apport financier de départ, pas de taxe professionnelle pendant trois ans, pas de facturation de la TVA... mais aussi pas de charge sociale et fiscale si le chiffre d'affaires est nul. L'auto-entrepreneur jouit d'une grande flexibilité dans son activité et a toute latitude de s'arrêter sans avoir l'épée de Damoclès au-dessus de la tête. Bref, il s'y retrouve, surtout niveau revenu. En restant dans la limite de 80 000 euros par an pour la vente de produits, et 32 000 euros pour la vente de services, il peut espérer toucher plus d'1,5 le smic et arrondir ainsi ses fins de mois. Si retraités et salariés voient là un complément non négligeable de salaire, le statut est de plus en plus plébiscité parmi les jeunes actifs et les chômeurs. « Le dispositif constitue un très bon moyen de tester son idée » souligne Philippe Colombié, auteur d'Auto-entrepreneuriat , un ouvrage qui vient de paraître en librairie. Tester c'est le mot le mot car pour celui qui a envie de sauter le pas, l'auto-entreprise ne peut être qu'une solution provisoire. "Nous sommes dans un schéma très limité du point de vue de la protection sociale" prévient le consultant. « A partir du moment où l'on ne verse pas de cotisations, il est impossible de bénéficier de l'assurance-chômage. Et les remboursements sont en général très faibles. A mon sens, cette phase d'essai ne doit pas excéder deux ans, trois grand maximum"
Entrepreneur d'abord
On l'a bien compris : rien ne peut être laissé au hasard. "Se déclarer auto-entrepreneur sur le net, tout le monde sait faire. Concrétiser un projet et pouvoir vivre de son activité, ça c'est une toute autre histoire" insiste Frédérick Junguenet, Directeur de la Maison de l'Emploi Sud Seine-et-Marne. L'auto-entrepreneuriat ouvre la porte du secteur privé avec toutes les responsabilités que cela entraîne. La casquette de patron, aussi petite soit-elle, n'est pas facile à porter car elle exige de pouvoir fructifier son affaire. Pour y arriver il faut donc une bonne dose de volontarisme, d'énergie, de flair... et un accompagnement sur mesure ! A Montereau, une cinquantaine de demandeurs d'emploi ont bénéficié de ce type de suivi. "Pour beaucoup, il y a un vrai problème de méthode" observe Xavier Petit, consultant en création et reprise d'entreprise à l'Agence Aksis de Montereau. "C'est pourquoi je leur demande de réaliser un business plan à partir de questions très terre à terre : quoi ? où ? quand ? et pour qui ?" Un "b-a ba" grâce auquel les idées sont formalisées avec des objectifs clairement définis. Il est encore trop tôt pour tirer un premier bilan. Certains semblent bien partis pour écrire des success stories. (voir encadré), mais tel n'est pas l'essentiel. Dans une région où les besoins à satisfaire ne manquent pas, l'auto-entrepreneuriat sonne comme un salutaire manifeste en faveur de l'initiative.

Timothée Malizia, 23 ans, fondateur de "bijoux Malizia"
"En quatre expos vente, je gagne ma vie ! "
Bracelets, colliers, boucles d'oreille... chez bijoux Malizia, on trouve des pièces uniques très originales. Tendance fantaisie haut de gamme: verre de Murano, cristal de Swarovski, le tout monté sur des chaînes argentées ou dorées. De son hobby, Timothée Malizia, ex vendeur des bijoux Philippe Ferrandis , a créé une enseigne qui marche. L'auto-entrepreneuriat ? Un bon banc d'essai mais qui ne durera pas bien longtemps assure-t-il : "Cela fait quatre ans que je planche sur ce projet. Lorsque je me suis retrouvé sans emploi, j'ai pensé que c'était le moment ou jamais d'y aller." Avec un bon carnet d'adresses fournisseurs et une connaissance pointue des produits, le garçon est confiant. A raison : . "en quatre expos-vente, je gagne ma vie» se plait-il à dire. Et encore ce n'est qu'un début ! "J'ai récemment décroché le Comité d'Entreprise de Nestlé Noiselle à Marne la Vallée. De fil en aiguille, je commence à me faire un nom et l'on vient même me chercher" confie-t-il. Thimothée songe également à vendre des lots entiers aux professionnels. Mais il le sait, rien ne sert de brûler les étapes.
Repères
S'informer et se déclarer
www.lautoentrepreneur.fr
Le portail officiel des auto-entrepreneurs donne des informations précises sur le nouveau régime et permet de s'enregistrer en quelques clics. Ces démarches peuvent toutefois être réalisées directement auprès de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Seine-et-Marne (CCI 77)
Tél : 01 64 52 45 01
Développer son activité
www.apce.com
Le site de l'Agence pour la Création d'Entreprise dispose d'une simulation en ligne pour le calcul de vos cotisations
www.mefsud77.fr
La Maison de l'Emploi peut vous conseiller et vous mettre en réseau pour accompagner l'évolution de votre activité
Echanger et prospecter
www.planete-auto-entrepreneur.com
Cette communauté est spécialement dédiée à ceux qui souhaitent partager des idées, bonnes pratiques et solutions www.communaute-auto-entrepreneur.fr
Actualité, échanges d'expériences, référencement, "kit pratique" de l'auto-entrepreneur, ce forum communautaire permet surtout d'élargir son réseau relationnel et trouver de nouveaux clients.











